Qu’on en commun « Higitus Figitus », « Accio » et « Focus » ? Si le premier vous renverra au Merlin de Disney, le second à la saga archi-connue d’un sorcier et son école, le dernier sort, lui, est issu du dernier jeu de Space Cowboys, Spellbook.
Jette-moi un sort si tu l’OZ !
Ici, pour les lancer, il n’est pas question d’avoir la diction absolument parfaite d’une Hermione Granger ou la baguette magique de Merlin, mais de piocher, récolter et combiner les matérias, des ressources magiques runiques.
Celles-ci sont de 7 couleurs différentes et de 3 symboles runiques différents. Pour terminer une partie de Spellbook, nous avons justement 7 sorts à débloquer, des mêmes couleurs.
Hasard ? Absolument pas, dans le monde de la magie, tout est connecté.

Ma mallette de magicien…
Point de vue matériel, Spellbook n’est pas en reste. Les illustrations nous mettent dans l’ambiance et sont particulièrement soignées. Les cartes format tarot sont cohérentes par rapport à l’univers. On est assez ravis des matérias en plastique et non en carton, ce qui est plus agréable vu le nombre de manipulations. Tout est bien fini, jusqu’à la boite qui sert de défausse aux matérias.
Seul petit bémol, le point rangement. Cette défausse, une fois montée est difficile à agencer avec le reste quand on range le jeu dans la boîte. Elle est un peu haute et envahissante et le couvercle se ferme mal.

… et mon petit livre de sorts
La mécanique de Spellbook fonctionne bien. Le jeu est accessible assez facilement. Les règles sont très claires, tant dans le tour du jeu, que des fonctionnements précis des sorts. On nous invite à commencer avec des sorts de difficulté 1 étoile puis 2 puis 3 et enfin de mixer les sorts des différentes difficultés. Space Cowboys a d’ailleurs mis à disposition des joueurs une appli pour gérer ou randomiser les decks.
Le tour d’un joueur se décompte en 3 temps de la journée, représentant chacun une action de base : le matin (piocher des matérias), le midi (stocker ces dernières sur son familier) et le soir (débloquer un sort). Les sorts que l’on débloque au fur et à mesure vont nous proposer une action alternative pour le matin, le midi ou le soir.
Au fur et à mesure de ces sorts débloqués, l’expérience de jeu est donc de plus en plus riche et complexe.
Les sorts sont divisés en 3 niveaux et il faut alors 3,4 ou 5 matérias de la même couleur pour débloquer un sort au niveau 3 4 ou 5. Et on ne peut le faire qu’une fois par sort. Il est donc judicieux de débloquer un sort assez haut pour qu’il soit le plus efficace mais de ne pas traîner à débloquer des sorts, même au niveau 3 pour ne pas avoir un jeu ralenti par rapport à ses adversaires.
C’est peut-être le seul hic dans la dynamique que nous propose Spellbook : la gestion de ses ressources au début de partie. Si l’on n’a pas de chance au tirage pour pouvoir combiner nos matérias, on est vite aussi utile qu’un mage sans mana dans un MMORPG et on passe plusieurs tours à économiser péniblement des matérias sans pouvoir faire quoi que ce soit d’autre.
Il y a un mode seul avec le dos d’un plateau qui sert de compte points/tours pour l’adversaire non joueur. C’est anecdotique et ce n’est pas un grand challenge. Il est cependant très facile à prendre en main pour tester des combinaisons de sorts. Ou si vous vous êtes lancé un sort de solitude.

Et enfin, la magie opère
En définitive, Spellbook est un bon jeu. Efficace dans ses mécaniques, simple d’apprentissage et avec une excellente rejouabilité, il peut donc être sorti facilement face à de nouveaux joueurs sans devoir déballer des règles indigestes. Le matériel est soigné, richement illustré par Cyrille Bertin et agréable à manipuler, surtout pour le prix demandé.
S’il frôle quasi l’excellence, seuls les petits soucis concernant certains démarrages de parties très lents si l’on n’a pas de chance au tirage et le rangement de la défausse dans la boîte l’en empêchent. Mais ce sont des détails par rapport au reste. On a hâte de voir de futures extensions développer l’interaction entre les joueurs. Un cadeau à offrir à Noël à des ludistes occasionnels voire confirmés. Les joueurs experts vont le trouver trop simple dans ses mécaniques et vite trop optimiser leur jeu. Et les débutants vont trouver les mécaniques d’interactions de cartes avec des mots-clés peu naturels sans avoir pratiqué des jeux qui les utilisent (à l’instar de Vilainous, Clank, Magic…). Une réussite pour notre part !
Le jeu est disponible pour environ 35 euros sur Philibert, Amazon, ou dans les boutiques spécialisées.
Produit fourni par Space Cowboys pour les besoins de cet article.
